Conférence | 4 juin, 13:30-17:00 | Dématérialisation des dossiers de justice au Québec
4 juin 2026 • 13:30 17:00
Laboratoire de cyberjustice (B-2215)

📅 Jeudi 4 juin, 13h30-17h00
🍷 Suivi d’un cocktail de réseautage
📍 Laboratoire de cyberjustice (B-2215)
Pavillon Jean-Brillant, Université de Montréal
3200 rue Jean-Brillant, Montréal, QC H3T 1N8
Au Canada, comme dans plusieurs autres pays, l’accès à la justice et la protection de la vie privée sont perçus comme des objectifs mutuellement exclusifs. En vertu du principe de transparence des débats judiciaires, les dossiers de justice sont généralement accessibles au public et les renseignements personnels qu’ils contiennent sont exclus de la sphère de protection des lois québécoises et canadiennes. Cette conférence a comme principal objectif de présenter les résultats d’une recherche empirique qui remet en question cette relation supposément conflictuelle entre la vie privée et l’accès à la justice et qui démontre, au contraire, qu’il s’agit de deux intérêts qui entretiennent une relation positive, voire même synergique. Il s’agira donc de proposer des pistes de solutions concrètes, ancrées dans des résultats scientifiques solides, pour favoriser l’accès à la justice tout en protégeant le droit à la vie privée des citoyens. Un panel d’experts en matière de protection de la vie privée et de l’accès à la justice suivra la présentation des résultats. Il aura mandat sera de commenter la portée des conclusions de la recherche et de les situer dans le contexte plus large de l’administration de la justice.
Mot d’ouverture – 13h30
► Pr Karim Benyekhlef, chercheur principal, partenariat AJC

Karim Benyekhlef est professeur à la Faculté de droit de l’Université de Montréal depuis 1989. Il est détaché au Centre de recherche en droit public depuis 1990 et en a assuré la direction de 2006 à 2014. Il a assuré la direction du Regroupement stratégique Droit, changements et gouvernance, regroupant une cinquantaine de chercheurs, de 2006 à 2014. Il fut aussi directeur scientifique du Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM) de 2009 à 2012. Il assure actuellement la direction du Laboratoire de cyberjustice, qu’il a fondé en 2010. Le Laboratoire de cyberjustice a obtenu en 2015 le Prix Mérite Innovation du Barreau du Québec. Il est titulaire de la Chaire de recherche LexUM en information juridique depuis octobre 2014. Il est membre du Conseil scientifique et du Conseil d’orientation du Cérium. Il a reçu en 2016 la distinction Advocatus Emeritus (Avocat émérite) du Barreau du Québec. Il a été le titulaire 2019-2020 de la Chaire d’excellence Alexandre Koyré.
Membre du Barreau du Québec depuis 1985, il a exercé au sein du ministère fédéral de la Justice de 1986 à 1989. Ses champs d’enseignement et de recherche sont le droit constitutionnel (droits et libertés de la personne), le droit international, le droit des technologies de l’information, la théorie et l’histoire du droit. Karim Benyekhlef a fondé en 1995 la revue juridique électronique Lex Electronica, la toute première revue juridique en ligne en langue française.
Il est également l’instigateur des premiers projets de règlement en ligne des conflits (Projet CyberTribunal, 1996-1999, eResolution, 1999-2001, ECODIR, 2001). Il assure la direction du Laboratoire sur la cyberjustice dont les travaux visent à accroître et faciliter l’accès à la justice. Dans le cadre du programme des Grands travaux de recherche concertée (GTRC) financé par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH), il a dirigé le projet «Repenser le droit processuel : Vers une cyberjustice» (2011-2018), une équipe internationale composée d’une trentaine de chercheurs de plus 23 institutions universitaires au Canada, aux Etats-Unis, en Australie et en Europe. Il dirige maintenant le projet «Autonomisation des acteurs judiciaires par la cyberjustice et l’intelligence artificielle» (Projet AJC) dans le cadre du programme de partenariat du CRSH (2018-2026). Ce projet vise à mettre l’intelligence artificielle (IA) au service des justiciables et des acteurs judiciaires afin d’accroître l’accès à la justice. AJC réunit une équipe multidisciplinaire et internationale composée de plus de 50 chercheurs et de 42 partenaires représentant des centres de recherche, des institutions publiques, des professionnels du droit, des représentants de la société civile et des acteurs du secteur privé.
Le professeur Benyekhlef a également participé dans les années 1990 et 2000 à l’élaboration de programmes de bonne gouvernance en Afrique et dans les Caraïbes (Agence canadienne de développement international, Nations-Unies et Commission européenne).
Le professeur Benyekhlef s’est vu octroyer une Chaire internationale d’excellence 3IA- Intelligence artificielle et droit, Université Côte-d’Azur (2025-2027). Dans le cadre des activités scientifiques de la Chaire, il collaborera étroitement avec le groupe de recherche DL4T dirigé par la professeure Marina Teller. Leurs travaux s’articuleront autour du développement et de l’optimisation d’agents conversationnels, comme le JusticeBot, pour faciliter l’accès au droit et à la justice; des modes de régulation de l’IA, notamment par le recours à la technique pour assurer cet encadrement juridique; et d’une réflexion sur le recours aux réalités virtuelles et augmentées dans le champ de la justice. En associant les dimensions théoriques du raisonnement juridique et les applications concrètes de l’IA au champ juridique, ces travaux devraient permettre l’élaboration d’une méthodologie propre à assurer une utilisation raisonnée, utile, transparente et respectueuse des droits fondamentaux de l’IA. Les équipes de DL4T et du Laboratoire de cyberjustice entendent ainsi contribuer à l’accès au droit et à la justice, fondement de l’État de droit.
Il est l’auteur, avec le professeur Fabien Gélinas de la Faculté de droit de l’Université McGill, de l’ouvrage paru en 2003 aux Éditions Romillat (Paris) « Le règlement en ligne des conflits. Enjeux de la cyberjustice ». Il a également publié en 2008 aux Éditions Thémis Une possible histoire de la norme. Les normativités émergentes de la mondialisation. Cet ouvrage a obtenu le Prix de la Fondation du Barreau du Québec en 2009. Une deuxième édition de cet ouvrage a paru en 2015. Il a dirigé, en 2013, un collectif Gouvernance et risque. Les défis de la régulation dans un monde global, en 2014, Les secrets du droit, en 2016 Vers un droit global? publiés aux Éditions Thémis et en 2016 toujours eAccess to Justice, Ottawa, University of Ottawa Press, avec Jane Bailey, Jacquelyn Burkell et Fabien Gélinas. En 2017, il a dirigé l’ouvrage collectif, Au-delà de la représentation: les figures de la démocratie . En 2018, il publie avec Pierre-Luc Déziel un casebook Le droit à la vie privée en droit québécois et canadien, Montréal, Éditions Yvon Blais-Thomson Reuters. Il dirige en 2021 AI and Law. A Critical Overview réunissant une dizaine d’auteurs autour des incidences de l’intelligence artficielle sur le droit et la justice.
Panel 1 – 13h45 à 15h15
Pierre-Luc Déziel et Marie-Pier Jolicoeur présenteront les résultats du projet de recherche Vers une approche synergique de la dématérialisation des dossiers judiciaires : la protection de la vie privée des justiciables comme vecteur d’accès à la justice.
► Pr Pierre-Luc Déziel, chercheur principal du projet

Pierre-Luc Déziel
Pierre-Luc Déziel est professeur titulaire à la Faculté de droit et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la protection et la valorisation des données de santé (Chaire DOSA).
Le professeur Déziel est impliqué dans de nombreuses initiatives publiques visant la protection de la vie privée et l’encadrement des nouvelles technologies, notamment dans le domaine de la santé. Depuis 2024, il est membre du comité aviseur du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec qui assure le suivi de la Loi sur les renseignements de santé et de services sociaux. Il a aussi été invité à témoigner à la Commission des institutions de l’Assemblée nationale du Québec à deux occasions, soit lors des audiences portant sur l’utilisation d’applications de notification d’exposition à la COVID-19 pendant la pandémie, puis lors de l’étude détaillée du projet de loi 64 qui a amené une importante réforme du droit à la vie privée au Québec.
Il a aussi été membre du Comité consultatif externe pour l’intelligence artificielle en santé de Santé Canada, qui a mené à l’adoption des « Principes directeurs pancanadiens pour l’utilisation de l’IA au service de la santé » publiés en janvier 2025, et a siégé à la Table d’experts sur l’utilisation secondaire des données de santé du Fonds de recherche du Québec – Santé (FRQS).
Les recherches du professeur Déziel portent principalement sur l’impact des nouvelles technologies sur le droit à la vie privée et sur la protection des renseignements personnels. Ces recherches sont financées, entre autres, par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH), le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et le ministère de la Justice du Québec.
► Marie-Pier Jolicoeur, coordonnatrice de recherche

Marie-Pier Jolicoeur
Marie-Pier Jolicoeur est candidate au doctorat en droit à l’Université Laval sous la direction du professeur Pierre-Luc Déziel et de la professeure Mona Paré de l’Université d’Ottawa. Son projet de thèse porte sur la question des solutions juridiques à mettre en œuvre pour encadrer l’utilisation des technologies numériques en vue de protéger la santé et le développement des jeunes enfants. Elle est chercheure-étudiante affiliée au Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal (CRDP) et membre du Laboratoire de recherche interdisciplinaire sur les droits des enfants (LRIDE) en plus d’être assistante de recherche et d’enseignement à la Faculté de droit de l’Université Laval.
Panel 2 – 15h30 à 17h00
Un panel d’experts issus du secteur judiciaire et de la société civile réagira aux résultats de recherche et offrira ses observations.
► Nicolas Vermeys, Faculté de droit de l’Université de Montréal (modérateur)
Nicolas Vermeys
Me Nicolas Vermeys, LL.D. (Université de Montréal), LL.M. (Université de Montréal), CISSP, est directeur du Centre de recherche en droit public (CRDP), directeur adjoint du Laboratoire de cyberjustice et professeur à la Faculté de droit de l’Université de Montréal.
Me Vermeys est membre du Barreau du Québec et possède également une certification en sécurité informationnelle (CISSP) décernée par (ISC)2. Il est l’auteur de nombreuses publications portant principalement sur les incidences des technologies de l’information sur le droit, dont les ouvrages Droit codifié et nouvelles technologies : le Code civil (Yvon Blais, 2015) et Responsabilité civile et sécurité informationnelle (Éditions Yvon Blais, 2010).
Me Vermeys s’intéresse particulièrement aux questions juridiques liées à l’intelligence artificielle, à la sécurité de l’information, aux développements en matière de cyberjustice et, plus généralement, aux incidences des innovations technologiques sur le droit, thèmes sur lesquels il est régulièrement invité à intervenir auprès des médias et dans le cadre de conférences prononcées pour les juges, avocats, regroupements professionnels et organismes gouvernementaux au Canada et à l’étranger.
Mr Alexandre St-Onge, juge, Cour du Québec
Me Véronique Abad, analyste d’affaire, Barreau du Québec
Pr Évelyne Jean-Bouchard, Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke
Ce contenu a été mis à jour le 28 avril 2026 à 11 h 43 min.

